Les acteurs de l’économie sociale et solidaire saluent avec
enthousiasme la nomination d’un ministre délégué dédié à leur secteur.
“L’Economie sociale et solidaire (ESS) n’est plus considérée
comme une économie de seconde zone”, réagit avec enthousiasme Jacques Dasnoy,
le délégué général du mouvement
des entrepreneurs sociaux (Mouves). Pour lui, comme pour les autres
acteurs du secteur de l’ESS que nous avons contactés, la nomination de
Benoît Hamon comme ministre délégué à l’économie sociale et solidaire est
perçue comme une vraie reconnaissance de ce secteur.
Un secteur qui participe au redressement de l’économie.
“C’est un symbole fort, car ce ministère sera rattaché à
celui de l’économie à Bercy. Nous sommes des acteurs qui créons de la richesse
et des emplois. Nous participons au redressement économique et écologique de la
France”, poursuit Jacques Dasnoy.
L’ESS qui regroupe les associations, coopératives, mutuelles
et fondations représente près de 10% des salariés en France (voir les derniers chiffres en pdf).
Le président d’Emmaüs-France, Christophe Deltombe, décrit l’importance de
ce secteur porteur d’emploi, dans cette période de crise:“Rien qu’à Emmaüs,
nous avons créé 700 emplois, et 300 places de compagnons entre 2010 et 2011”, défend-t-il.
Quelles mesures mettre en place en priorité?
Le ministre a maintenant du pain sur la planche. Mais, par
où commencer? Ce secteur transversal regroupe des entreprises ou organisations
aux formes juridiques et aux secteurs d’activités économiques très différents.
“Pour nous, explique Emmanuel Verny, délégué général du
CEGES (une
organisation représentative du secteur), l’essentiel est que la loi de
programmation de l’ESS promise soit mise en place avant la fin de l’année.
C’est important, car elle va définir les leviers d’actions pour le secteur. Par
exemple, pour favoriser la reprise d’entreprises en coopératives, il faut des
mesures techniques qui doivent figurer dans cette loi.”
D’après Christophe Deltombe et Vincent Godebout (chargé de
l’insertion par l’activité économique au Secours catholique),
la priorité est de développer les contrats d’insertion. Jacques Dasnoy et son
organisation, le Mouves, indique que “l’une des priorités serait d’ouvrir
tous les dispositifs déjà accessibles aux entreprises innovantes dans les
technologies aux entrepreneurs sociaux. Sur un plus long-terme, nous attendons
aussi la création de la Banque publique d’investissement et du fonds d’un
milliard d’euros qui sera consacré aux entreprises sociales.”
Tous sont très confiants quant à la mise en place de
politiques pour développer l’ESS, car la création de ce ministère est déjà une
avancée et une grande marque de reconnaissance. Ils attendent avec impatience
les consultations que va entâmer Benoît Hamon dans les jours qui viennent, pour
rentrer “dans le vif du sujet”, selon l’expression d’Emmanuel Verny. Ils
restent attentifs et vigilants.
“Il faut être sur tous les fronts”
“L’écueil serait de penser qu’il n’y a que le financement
qui compte,précise Jacques Dasnoy. Tous les autres leviers sont à activer
en même temps: il faut notamment former les jeunes générations (dans les
universités ou les écoles de commerces) pour enseigner les différentes manières
d’entreprendre. Et puis, il faut en même temps s’engager dans l’ouverture des
marchés publics aux entreprises de l’ESS.”
Enfin, la seule crainte pour Christophe Deltombe d’Emmaüs,
c’est de rester “trop timoré dans l’aide à l’ESS”. “Par exemple, il
est impératif de rendre prioritaire la clause sociale dans les marchés publics,
car avec l’ESS, on produit localement et on crée de l’emploi en France”,
affirme-t-il. Il décrit une concurrence avec certaines entreprises privées dans
le secteur du tri de textile, qui vont employer de la main-d’oeuvre en Roumanie
avant de faire revenir la matière première en France.
Grande avancée pour l’ESS, donc, qui est dorénavant perçue
par l’Etat comme l’une des solutions à développer pour le retour de l’emploi en
France. Elle pourrait même contribuer au redressement productif qui fait aussi
l’objet d’un ministère. Le ministre est là, les acteurs aussi. Ils n’ont
plus qu’à mettre leur collaboration à l’œuvre, si tant est que la réalité de la
crise ne ramène soudainement le tout nouveau gouvernement à des objectifs
beaucoup plus modestes.
Source : d'après un article de Youphil
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