jeudi 24 mai 2012

Le Ministère de l'Economie Sociale et Solidaire... enfin !


Les acteurs de l’économie sociale et solidaire saluent avec enthousiasme la nomination d’un ministre délégué dédié à leur secteur.


“L’Economie sociale et solidaire (ESS) n’est plus considérée comme une économie de seconde zone”, réagit avec enthousiasme Jacques Dasnoy, le délégué général du mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Pour lui, comme pour les autres acteurs du secteur de l’ESS que nous avons contactés, la nomination de Benoît Hamon comme ministre délégué à l’économie sociale et solidaire est perçue comme une vraie reconnaissance de ce secteur.
Un secteur qui participe au redressement de l’économie.

“C’est un symbole fort, car ce ministère sera rattaché à celui de l’économie à Bercy. Nous sommes des acteurs qui créons de la richesse et des emplois. Nous participons au redressement économique et écologique de la France”, poursuit Jacques Dasnoy.
L’ESS qui regroupe les associations, coopératives, mutuelles et fondations représente près de 10% des salariés en France (voir les derniers chiffres en pdf).

Le président d’Emmaüs-France, Christophe Deltombe, décrit l’importance de ce secteur porteur d’emploi, dans cette période de crise:“Rien qu’à Emmaüs, nous avons créé 700 emplois, et 300 places de compagnons entre 2010 et 2011”, défend-t-il.


Quelles mesures mettre en place en priorité?

Le ministre a maintenant du pain sur la planche. Mais, par où commencer? Ce secteur transversal regroupe des entreprises ou organisations aux formes juridiques et aux secteurs d’activités économiques très différents.

“Pour nous, explique Emmanuel Verny, délégué général du CEGES (une organisation représentative du secteur), l’essentiel est que la loi de programmation de l’ESS promise soit mise en place avant la fin de l’année. C’est important, car elle va définir les leviers d’actions pour le secteur. Par exemple, pour favoriser la reprise d’entreprises en coopératives, il faut des mesures techniques qui doivent figurer dans cette loi.”

D’après Christophe Deltombe et Vincent Godebout (chargé de l’insertion par l’activité économique au Secours catholique), la priorité est de développer les contrats d’insertion. Jacques Dasnoy et son organisation, le Mouves, indique que “l’une des priorités serait d’ouvrir tous les dispositifs déjà accessibles aux entreprises innovantes dans les technologies aux entrepreneurs sociaux. Sur un plus long-terme, nous attendons aussi la création de la Banque publique d’investissement et du fonds d’un milliard d’euros qui sera consacré aux entreprises sociales.”

Tous sont très confiants quant à la mise en place de politiques pour développer l’ESS, car la création de ce ministère est déjà une avancée et une grande marque de reconnaissance. Ils attendent avec impatience les consultations que va entâmer Benoît Hamon dans les jours qui viennent, pour rentrer “dans le vif du sujet”, selon l’expression d’Emmanuel Verny. Ils restent attentifs et vigilants.


“Il faut être sur tous les fronts”

“L’écueil serait de penser qu’il n’y a que le financement qui compte,précise Jacques Dasnoy. Tous les autres leviers sont à activer en même temps: il faut notamment former les jeunes générations (dans les universités ou les écoles de commerces) pour enseigner les différentes manières d’entreprendre. Et puis, il faut en même temps s’engager dans l’ouverture des marchés publics aux entreprises de l’ESS.”

Enfin, la seule crainte pour Christophe Deltombe d’Emmaüs, c’est de rester “trop timoré dans l’aide à l’ESS”. “Par exemple, il est impératif de rendre prioritaire la clause sociale dans les marchés publics, car avec l’ESS, on produit localement et on crée de l’emploi en France”, affirme-t-il. Il décrit une concurrence avec certaines entreprises privées dans le secteur du tri de textile, qui vont employer de la main-d’oeuvre en Roumanie avant de faire revenir la matière première en France.

Grande avancée pour l’ESS, donc, qui est dorénavant perçue par l’Etat comme l’une des solutions à développer pour le retour de l’emploi en France. Elle pourrait même contribuer au redressement productif qui fait aussi l’objet d’un ministère. Le ministre est là, les acteurs aussi. Ils n’ont plus qu’à mettre leur collaboration à l’œuvre, si tant est que la réalité de la crise ne ramène soudainement le tout nouveau gouvernement à des objectifs beaucoup plus modestes.

Source : d'après un article de Youphil

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lundi 21 mai 2012

Combien d'eau y a t-il sur Terre ?

L'infographie est parlante. Il faut imaginer qu'un puissant sorcier a, grâce à un maléfice habile, siphonné toute l'eau présente sur Terre et l'a réunie dans une sphère, un petit satellite liquide posé sur notre globe soudain asséché.


D'un coup d'un seul, notre planète bleue est devenue brune et il y a comme une surprise à voir les océans, mers, lacs, calottes polaires, rivières et glaciers, qui recouvrent en temps normal plus de 70 % des 510 millions de km2 que compte la Terre, se résumer à un cochonnet de seulement 1 385 km de diamètre, soit à peu près la distance qui sépare Paris d'Alger à vol d'oiseau.

L'eau sur Terre est un peu comme une feuille de papier cadeau recouvrant une boule de bowling. Depuis l'espace on ne voit presque qu'elle, elle donne sa couleur à notre planète mais ne représente qu'une minuscule fraction (0,023 %) de sa masse. Combien y en a-t-il exactement ? Si l'on revient à notre image, cette bulle contient 1,386 milliard de km3 d'H20. Comment se répartit-elle ? Les plus gros fournisseurs, et de loin, sont évidemment les océans et les mers, avec 1,338 milliard de km3. Ils arrivent loin devant deux quasi ex-aequo (environ 24 millions de km3 chacun) : les calottes polaires (Groenland et Antarctique), glaciers et neiges éternelles d'un côté, l'eau contenue dans le sous-sol et dans la croûte terrestre de l'autre. Les miettes qui restent reviennent, dans l'ordre décroissant, aux glaces du pergélisol, aux lacs, à l'humidité des sols, à l'atmosphère, aux marais, aux cours d'eau et, enfin, à toute cette eau si importante pour nous, celle qui est prisonnière des organismes vivants, celle sans qui vous et moi ne serions que des momies. On estime que toute la vie terrestre regroupe un peu plus de 1 100 km3 de cette eau dite biologique.

A lire cette longue énumération, on s'est sans doute aperçu que l'eau douce ne représente qu'une part minoritaire du total : environ 35 millions de km3. C'est la perle à droite du cochonnet sur la carte ci-dessous. Mais, dans cette petite portion, la plus grande partie de l'eau est hors d'atteinte des êtres vivants, soit parce qu'elle est congelée dans les inlandsis, soit parce qu'elle est enfouie dans les entrailles de la Terre. Si l'on ne prend en considération que l'eau facile d'accès, celle que l'on trouve dans les lacs non salés, les marais, les fleuves et les rivières, il ne reste plus grand chose. Avez-vous repéré le petit point bleu sur cette deuxième infographie, sous la perle dont je viens de parler ?


Cette tête d'épingle a moins de 60 km de diamètre. Elle contient toute l'eau douce aisément disponible pour la vie terrestre. C'est dans cette minuscule réserve que 7 milliards d'hommes puisent pour boire, irriguer leurs cultures, abreuver leurs animaux d'élevage, faire tourner leurs usines, alimenter leurs centrales électriques, etc. Et, si on met Homo sapiens de côté, quantité d'autres organismes vivants en dépendent aussi. C'est en voyant ce genre d'image que l'on s'aperçoit mieux, qu'entre la sécheresse et nous il n'y a presque rien. Que l'eau est plus rare qu'il n'y paraît. Parce que la Terre est une brune qui se teint en bleu.

Source : d'un article du Monde

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lundi 26 mars 2012

Fin de la famine en Somalie... et pourquoi ?

L'ONU a annoncé la fin de l'état de la famine en Somalie, tout début février. Mais qu'en est-il concrètement et surtout comment arrive-t-on à une telle décision?





Le nouveau directeur général de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), José Graziano da Silva, a annoncé le 3 février dernier la fin de la période de famine en Somalie. Une déclaration faite à l’occasion de la publication du nouveau rapport de l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition de la FAO pour la Somalie (FSNAU) et du Réseau de système d’alerte rapide sur les famines (FEWS NET) de l’agence USAID.

José Graziano da Silva a ajouté à ce titre que "des pluies longtemps attendues (arrivées entre octobre et décembre 2011), ainsi que la conjonction de contributions agricoles substantielles et de la réponse humanitaire déployée au cours des six derniers mois, sont les principales raisons de cette amélioration".

Concrètement, qu'en est-il sur place?

Il est indiqué dans ce dernier rapport – bien que les difficultés pour recueillir données et informations à ce sujet soient évidentes, notamment en raison de la restriction des déplacements et des zones inaccessibles, aux mains des milices shebab – que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence en Somalie est dorénavant estimé à 2,34 millions, dont environ 325.000 enfants.
Si l’on en croit les estimations, ce chiffre représenterait 31% de la population somalienne. En comparaison, au plus fort de la crise, 4 millions de personnes (soit 53% de la population) nécessitaient une aide d’urgence, et 750.000 d’entre elles étaient considérées comme étant véritablement en danger de mort.

  

Ces chiffres étant encore cruellement élevés, ceux-ci restent donc à relativiser, raison pour laquelle le directeur général de la FAO a tenu à préciser que la crise n’en est pas moins terminée. Pour ce dernier, "seule la combinaison d’une bonne pluviométrie et d’actions à long terme continues et coordonnées, visant à renforcer la résilience des populations locales et liant programmes d’aide humanitaires et de développement, peut apporter une solution définitive à cette crise. Les sécheresses sont inévitables mais nous pouvons mettre en place des mesures adéquates pour éviter qu’elles ne provoquent des famines. Trois mois nous séparent de la prochaine saison des pluies."

La prudence reste donc de mise, puisqu’à l’échelle de l’ensemble de la Corne de l’Afrique (Somalie, Kenya, Ethiopie, Djibouti), si les estimations annonçaient le nombre de 13 millions de personnes souffrant de la crise alimentaire au plus fort de la crise, ce nombre reste encore aujourd’hui autour de 9,5 millions de personnes. Un chiffre qui suffit, à lui seul, à rappeler que la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique n’est définitivement pas terminée.

Sur quels critères un état est-il déclaré en situation de famine?

La famine est définie par les Nations Unies comme étant "une situation de crise alimentaire extrême dans laquelle les enfants, mais aussi les adultes, meurent de faim". Une définition très généraliste qui a ainsi incité à examiner la sécurité alimentaire au moyen d’un outil communément appelé le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), établi dès 2004 par l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition de la FAO pour la Somalie (FSNAU).

L’IPC distingue cinq phases de situation de sécurité alimentaire – allant de la sécurité alimentaire généralisée à la situation de famine et crise humanitaire, en passant par l’état d’urgence humanitaire –, et chacune d’elles est dotée d’une définition générale en plus des indicateurs d’impact de référence spécifiques.
La phase de situation la plus grave, c’est-à-dire la situation de famine, est déclarée par la FSNAU et le réseau FEWS NET lorsque au moins trois critères des protocoles IPC sont réunis: un grave manque d’accès à la nourriture pour 20% de la population, une situation de malnutrition aiguë – moins de 2100 kcal et moins de 4 litres d’eau disponibles par jour et par personne – dépassant les 30% et un taux brut de mortalité supérieur à deux décès par jour pour 10.000 habitants.


























À la vue de ces critères, force est de constater que la Somalie répond toujours à l'un d'entre eux: celui de la situation de malnutrition aiguë dépassant les 30% de la population – provoquant encore de nombreux décès.
Néanmoins, bien que je ne sois pas en possession d’informations supplémentaires, pas plus que je n’ai ni la volonté ni la capacité de remettre en question les conclusions du dernier rapport FSNAU-FEWS NET, je ne peux que rester dubitatif et véritablement soucieux quant à l’impact qu’elles auront.

De la communauté internationale aux journalistes : tous responsables?

L'incapacité de la communauté internationale à prendre rapidement et efficacement les mesures indispensables à l’enrayement de cette tragédie, pourtant prévisible, n'est plus à démontrer. Un rapportcommun des ONG Oxfam et Save the Children, publié le 18 janvier dernier, affirme ainsi que "plutôt que d’agir en amont, de nombreux bailleurs ont préféré attendre d’avoir des preuves qu’une crise était en cours". Et d’ajouter: "Si un certain nombre d’opérations ont été rapidement déclenchées, ces actions se sont vite révélées insuffisantes face à une crise d’une telle ampleur. Des interventions plus onéreuses ont donc dû être déployées à un stade ultérieur. Acheminer cinq litres d’eau par jour pour 80.000 personnes en Ethiopie pour sauver des vies en urgence, revient à plus de 3 millions de dollars alors qu’il ne coûte pas plus de 900.000 dollars de réhabiliter les points d’eau hors d’usage de la région pour prévenir une sécheresse annoncée."


Il en va de même également pour les journalistes, qui à mon sens ont également leur part de responsabilité dans l’indifférence avec laquelle cette situation dans la Corne de l’Afrique a dégénéré sans qu’aucun média de masse ne s’en fasse l’écho. Bien que les ONG et autres organisations internationales s’appliquent à publier régulièrement communiqués et rapports sur la multiplication des signaux annonciateurs de crises humanitaires, les journalistes, parfaits hypocrites dont le métier serait de diffuser les informations au plus grand nombre, se sont ainsi accordés le luxe d’attendre le déclenchement de la situation de famine en Somalie en juillet 2011 pour enfin daigner parler de la crise alimentaire qui sévit dans toute la Corne de l’Afrique. 

La même logique a actuellement lieu en ce qui concerne la grave et croissante crise alimentaire dans la région sahélienne où plusieurs millions de personnes sont dans une situation de vulnérabilité extrême. Le 23 janvier, Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, s’est à ce sujet fait l’étendard de la préoccupation urgente quant à la crise sahélienne qui touche pêle-mêle la Mauritanie (1), le Tchad, le Mali (2), le Niger (3), le Burkina Faso (4), le Sénégal mais également le Nigéria et le nord du Cameroun. Il a ajouté à juste titre que "si l’aide internationale n’arrive pas dans les semaines qui viennent, les agences humanitaires seront dans l’impossibilité de faire face à la demande croissante qui pèse sur elles. La communauté internationale doit tirer les leçons de la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique".

Fin de l'état de famine = fin de l'attention médiatique

Quoi qu’il en soit, retenons que depuis le 3 février dernier, la Somalie n’est donc plus considérée comme étant un état placé en situation de famine, mais "simplement" en situation d’urgence humanitaire.
Une classification pour le moins paradoxale, comme s’il pouvait y avoir plusieurs degrés d’urgence dans l’urgence, et provoquant de facto unebanalisation de la notion d’urgence humanitaire. Par conséquent et sans surprise, les médias détourneront leur attention déjà minimale à ce sujet, et auront ainsi tout le loisir de se consacrer à la couverture de l'élection présidentielle française sans que quiconque n’ait à culpabiliser de ne pas voir traitées ce type d’informations.


Citons pour terminer ce qu’avait annoncé José Graziano da Silva au cours de sa première conférence de presse en qualité de directeur général de la FAO – deux jours après sa prise de fonction et un mois jour pour jour avant son annonce de fin de famine en Somalie. En tête de ses priorités figurait l’élimination totale de la faim et de la sous-alimentation dans le monde. Tout un symbole donc pour ce début de mandat à la tête de la FAO, de la part d’un homme ayant été en 2003 responsable de la conception et de la mise en œuvre du programme "Faim Zéro" au Brésil. Il aurait été, à mon sens , attendu de saisir l’occasion pour remettre en question le mode d’étude de l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition de la FAO pour la Somalie (FSNAU), ou tout du moins le relativiser davantage.

Près de 2,4 millions de personnes souffrent toujours de la faim en Somalie, pays de la Corne de l’Afrique ravagé en partie par une crise alimentaire depuis près de vingt ans et qui compte un nombre incalculable de victimes de la faim. Mais soyons rassurés: depuis le 3 février, il n’y a plus de famine en Somalie…

Source : cet article a été initialement publié sur le blog Looking for some Hope et Youphil

Notes:
(1) En Mauritanie, 700.000 personnes vivent dans les régions affectées par la crise alimentaire au Sahel.
(2) 2,9 millions de personnes sont touchées au Mali.
(3) Au Niger, 6 millions de personnes sont affectées par la crise alimentaire.
(4) 162 communes sur un total de 356 communes au Burkina Faso sont affectées par l’insécurité alimentaire.
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jeudi 22 mars 2012

Les espagnols ont inventé la voiture pliable ! Et elle va être commercialisée...

Imaginez une petite voiture électrique, qui pourrait entièrement se replier sur elle-même jusqu’à devenir plus petite qu’une Smart pour se stationner dans des espaces réduits. Non, il ne s’agit pas là d’une invention tout droit sortie d’un mauvais film de science-fiction mais du prototype de ce qui sera peut-être la voiture urbaine de demain.


« Hiriko », qui signifie « urbain » en basque, est le nom donné à une petite voiture électrique à deux places, pliable à l’image d’une poussette pour enfants pour pouvoir se stationner facilement en ville. Cette idée folle, imaginée par le laboratoire MIT de l’Université de Boston, est devenue réalité grâce à un consortium de sept entreprises basques espagnoles réunies sous le nom Hiriko Driving Mobility. Elles viennent de dévoiler un prototype de cette voiture destinée à la circulation en ville.

Pour prendre moins de place dans un parking, son châssis se relève jusqu’à réduire la taille de la voiture à 1,5 mètre de longueur. Les roues, à l’intérieur desquelles sont cachées le moteur, sont toutes les quatre mobiles, ce qui offre à cette voiture une grande maniabilité et la possibilité d’effectuer des rotations à 360° sur place. Sa batterie, proposée à la location, lui offre une autonomie de 120 km en ville.


Commercialisée à un prix modeste (12 500 euros pour les particuliers), Hiriko pourrait bien envahir les rues européennes dès 2013 et donc ne pas finir comme la plupart dans le cimetière des prototypes en tous genres. 
La production devrait en effet commencer dès mi-2013 au Pays basque espagnol. Par ailleurs, le consortium s’engage à construire des usines de production à proximité de toutes les municipalités qui désireraient acquérir un parc d’Hiriko. Des discussions seraient ainsi en cours dans plusieurs villes, dont Berlin, Barcelone, San Francisco, Hong-Kong et même les îles Galapagos, qui envisagent de faire bâtir des usines pour produire le véhicule dès 2013.
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vendredi 9 mars 2012

Joseph Kony : un criminel de guerre que l'on adore !

Aujourd'hui, Best Planet aborde un sujet qui va vous plaire...
Qui n'a jamais eu envie un jour de dézinguer la pire pourriture que la Terre n'est jamais portée ?
Je vous en donne l'occasion... 
Mais la méthode pour ce faire va vous étonner. Vous allez devoir rentre célèbre cette pourriture. Pus célèbre que n'importe qui sur Terre.

Joseph Kony. Son nom ne vous dit probablement rien et pourtant, il figurait parmi les sujets les plus commentés sur Twitter le 7 mars. Le "hashtag" #stopkony ou encore #kony2012 ont fait concurrence au nouvel iPad!
Joseph Kony est l'un des criminels de guerre les plus recherchés, visé par un mandat d'arrêt international pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Ouganda. L'association américaine Invisible Children a lancé une véritable chasse à l'homme pour arrêter et traduire en justice ce seigneur de guerre ougandais, inconnu. Quoi de mieux alors que de se servir des réseaux sociaux pour créer le buzz ?

Chasse à l'homme virale

C'est un film de 30 minutes, mis en ligne le 5 mars par l'association et déjà visualisé plus de 20 millions de fois, qui a déclenché le phénomène. En 2003, en Ouganda, Jason Russell découvre l'horreur de cette guerre oubliée et ces milliers d'
enfants soldats qui tentent désespérément de fuir. Il créé alors Invisible Children et collecte des fonds pour les aider et faire arrêter Joseph Kony.

> Regardez le film de l'ONG Invisible Children:



Pour cela, encore faut-il que les gens sachent qui est cet homme et quelle est sa responsabilité dans ces massacres. Les réseaux sociaux sont l'arme idéale, dans une "société connectée" telle que la nôtre aujourd'hui. Les internautes du monde entier sont incités à faire des dons mais surtout à relayer l'information, à faire connaître le nom de Joseph Kony, en faire un des sujets les plus "tendances". Ou comment rendre Joseph Kony célèbre !


Mais qui est Joseph Kony ?
Joseph Kony est le chef de la violente rébellion ougandaise de L'Armée de résistance du seigneur (LRA), constituée en grande majorité d'enfants soldats. Depuis près de vingt ans, cette armée persécute les populations, enlève des enfant, pille, viole, torture, etc.



Selon le Haut-commissariat de l'ONU, "les activités de la LRA dans la province ont causé le déplacement interne d'environ 320.000 personnes" depuis 2008. Et près de 30.000 enfants auraient été enrôlés dans l'armée. En 2011, Barack Obama a ordonné l'envoi de forces spéciales pour lutter contre la LRA, en soutien aux forces des pays d'Afrique centrale. Mais Joseph Kony reste en liberté et introuvable.
Alors si vous n'avez rien de mieux à faire aujourd'hui, n'hésitez pas à partager l'article pour faire en sorte d'arrêter cet "homme"...
Et également soutenir la cause ici...
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jeudi 8 mars 2012

Humanitaire : les petites ONG condamnées à disparaître ?


Pour une ONG, se maintenir sur le "marché" humanitaire est difficile. Beaucoup font faillite, ou sont rachetées par d'autres. Quel avenir pour ces organisations?


Ces dernières années, on a constaté en France la faillite de nombreuses ONG dites de "petite taille" comme Enfants réfugiés du monde (ERM) en 2008, Pharmaciens sans frontières (PSF) en 2009, Enfants du monde droits de l’Homme (EMDH) en 2010 et cette année, le Comité d’aide médicale (CAM)…

Elles ont en commun de fonctionner avec des budgets de quelques millions d’euros et de dépendre essentiellement des financements publics. Dans le même temps, on assiste au rachat d’ONG par d’autres ONG qui récupèrent des programmes, des logos et un savoir faire: "Agir ici" récupéré il y a plusieurs années par OXFAM, PSF racheté par Acted, Premièreurgence qui absorbe l’Aide médicale internationale (AMI) ou peut-être l’inverse…

La faute aux bailleurs institutionnels?

Les ONG qui n’ont pas développé un "socle de solidarité grand public", en clair qui n’ont pas de fichiers conséquents de donateurs et dont les possibilités de marketing n’ont pas été exploitées, sont dépendantes des bailleurs institutionnels.

Le bailleur le plus important pour les ONG françaises et européennes est la Commission européenne. Les ONG françaises absorbent 23% des fonds du guichet "urgence" de la Commission européenne ECHO [1].

Si ces ONG ont du mal à survivre, c’est que les bailleurs de fonds institutionnels exigent qu’une partie de leurs frais de fonctionnement soit financée par des dons privés. Encore récemment, les ONG qui n’avaient pas de donateurs privés mais beaucoup de subventions publiques arrivaient à grappiller quelques pourcentages sur les subventions pour leur fonctionnement.

A présent, les programmes subventionnés leur "coûtent" aussi de l’argent car il existe très peu de donateurs finançant à 100% les activités et quand c’est le cas, ces bailleurs ne font confiance qu’aux grosses ONG.
Les bailleurs institutionnels préfèrent en effet avoir un seul interlocuteur avec des garanties que plusieurs interlocuteurs fragiles. Cela minimise les risques, permet des économies d’échelle, un meilleur suivi des dossiers et puis, pas une tête qui dépasse !

Cette tentation de la facilité, observée notamment à la Commission européenne (CE) ou dans les agences onusiennes, a pour conséquence la disparition progressive des plus petites structures. La CE conforte cette stratégie en favorisant voire en forçant la mise en consortium européen des ONG importantes.


Pour garantir une meilleure diversité des actions, la France à travers l’Agence française de développement (AFD) ou encore le Centre de crise (CDC) du Ministère des affaires étrangères et européennes aurait pu soutenir ces "petites ONG" en les finançant sur des critères différents que ceux de l’Union européenne ou de l’ONU.
Cela n’a pas été le cas et les institutions françaises se sont alignées sur les autres grands bailleurs. Il faut aussi signaler que l’enveloppe du CDC et de l’AFD à destination des ONG françaises est elle aussi "petite" et les fonds du CDC ne dépassent pas 10 millions d’euros annuels [2], comme cela a été souligné lors de la Conférence nationale humanitaire, qui s’est tenue à Paris le 16 novembre dernier.

En effet, la France reste la mauvaise élève de la classe des membres du Comité de l’aide au développement de l’OCDE avec seulement 1% de son Aide publique au développement transitant par les ONG (prestations [3] et subventions) soit 82 millions d’euros par an [4] en 2009.

Mais si les petites ONG disparaissent, les grandes ONG sont de plus en plus grandes
 

En 2011, les grandes ONG transnationales présentent des budgets impressionnants : OXFAM 800 millions d’euros, Care 508 millions d’euros, la palme revenant à l’américaine World Vision avec près de 2 milliards de dollars [5].
Pour la plupart, ces monstres sont des ONG anglo-saxonnes. Dans ces pays, des ONG comme Médecins du monde [6] ou Action contrela faim seraient de taille "moyenne" voire petite.
Seule une ONG française, MSF, commence à peser vraiment lourd: près de 230 millions d’euros uniquement pour sa section française, et son réseau international va vraisemblablement annoncer un budget d’un milliard d’euros pour 2011 [7].


ONG du Sud: aussi efficaces... et moins dépensières

Cependant, des ONG du Sud commencent à émerger. Citons par exemple l’association bangladeshi BRAC qui œuvre dans plus de dix pays (Soudan, Pakistan, Bangladesh, Libéria, …). Ses secteurs d’intervention incluent l’éducation, l’agriculture et les droits de l’Homme. Son budget est d’environ 8 millions d’euros en 2010.

Les actions de ces nouvelles venues sont aussi efficaces que celles des ONG occidentales mais moins chères! Elles n’alignent pas le coût de prise en charge de leurs intervenants sur les standards européens ou américains.

Dans cette logique économique, on peut donc s’attendre un jour à une surenchère prochaine des Chinois ou bien des Indiens qui viendront casser les prix du "marché" humanitaire. On peut envisager qu’une ONG avec un volume important d’activités pourra négocier des prix plus bas pour les achats de matériel ou de médicaments.
Ira-t-on jusqu’à un partage Nord-Sud des compétences humanitaires? C’est ce que propose un groupe d’associations belges à qui on a demandé de se projeter dans l’avenir: aux ONG du Sud l’opérationnel,  et à celles du Nord le plaidoyer.
Pour un temps encore, ce sont en effet les hommes politiques du Nord qui décideront des montants de l’aide publique au développement, des politiques de santé au niveau mondial, des règles des échanges économiques, etc. L’avenir des ONG passe donc peut-être par un partage des responsabilités et une spécialisation dans les domaines d’action. A suivre.

[1] Conférence nationale humanitaire, Novembre 2011.
[2] Exceptionnellement et du fait du séisme en Haïti le budget du CDC a atteint 20 millions d’euros.
[3] Incluant des prêts, in "Rapport coordination Sud APD ; projet de loi de finances 2010: plaidoyer pour un budget en phase avec les priorités", 2011
[4] Résultats de l’étude "How DAC members work with civil society organizations: an overview"(OCDE, juin 2011) ; En termes de montant consacré aux ONG, la France se classe 17e sur 23 pays.
[5] World Vision a 40.000 employés dans 90 bureaux dans le monde.
[6] Médecins du monde présente un budget de 68 millions d’euros en 2010, ACF: 100 millions d’euros.
[7] Beaucoup d’associations ont augmenté sensiblement leur budget en 2010 du fait des dons et des subventions massives reçues à la suite du séisme en Haïti.

Source : Youphil


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mercredi 1 février 2012

Bolivie : des politiques publiques à modes de vie indigènes

Le 7 mai dernier, la ministre du Développement plurielle de l’Etat plurinational de Bolivie, Antonia Rodriguez, signait un document annonçant la création d’une stratégie nationale de promotion de l’économie solidaire et du commerce équitable.


Cette dernière doit conduire à la création d’un vice ministère dédié à la promotion de ces modèles économiques. Son action est prévue principalement dans six champs :
- la diffusion de l’économie solidaire,
- la mise en place de finances solidaires au service des groupements de producteurs,
- la promotion de technologies de production « biostables »,
- le développement d’un système de certification,
- l’accès au commerce équitable au niveau national et international,
- l’institutionnalisation de ce modèle de production, de commercialisation et de financement, en particulier au travers de nouvelles normes légales.


Les racines de ce nouveau modèle économique sont ancrées dans le mouvement dit de « commercialisation communautaire », grâce auquel des organisations de producteurs, pour la plupart agriculteurs ou artisans, ont promu à la fin des années 1980 une commercialisation directe, du producteur au consommateur, face aux difficultés créées par le passage à l’économie de marché.


C’est ce mouvement qui a aujourd’hui acquis une dimension politique sous la bannière de l’économie solidaire et du commerce équitable.
Au sein de ces évolutions politiques, les organisations représentées appartiennent à une économie populaire, rurale ou urbaine, qui peut globalement être situé dans le monde indigène en Bolivie.
Cette économie populaire se caractérise par des rapports de production essentiellement non capitalistes, insérés dans un tissu social structuré par les appartenances ethniques. Toutefois, cette économie est marquée par un certain individualisme des acteurs liée à une volonté stratégique de subsistance.

Pour faire face à ce problème, le gouvernement de Morales met en avant la nécessité de regroupement dans son Plan national de développement.
Les agriculteurs se regroupent ainsi au sein d’associations, de coopérative ou de simples groupements informels, pour commercialiser leurs produits et partager des équipements, souvent cofinancés par des institutions d’appui. L’acceptation d’interdépendances solidaires leur permet de la sorte d’accéder à des revenus en général plus élevés et plus stables que dans le reste de l’économie.

Aussi, les lieux de l’économie solidaire ne sont pas seulement des lieux de production, mais aussi d’apprentissage : techniques et gestionnaires, mais aussi apprentissage de la démocratie, au travers de modes de prises de décision se voulant collectifs et égalitaires.


L’économie solidaire s’essaie à devenir une expression des modes de vie indigènes, en même temps qu’un vecteur de leur transformation et un ensemble de pratiques s’adaptant à la pauvreté.
Elle ne peut cependant se pérenniser uniquement à partir de ces pratiques au niveau local : un cadre institutionnel et macroéconomique adéquat est indispensable, notamment pour offrir des formes légales permettant l’accès à des financements et à une fiscalité adaptés, ainsi que des vecteurs de commercialisation valorisant des produits jusqu’ici dépréciés car considérés comme indigènes.


La politique gouvernementale vise globalement la diversification productive, dans un pays où l’extraction d’hydrocarbure représente plus de 60% de la valeur des exportations. La nationalisation de ces ressources, puis la redistribution de la rente pour répondre à diverses demandes socio-économiques, en a constitué le pilier en 2006. Le problème persistant est que cette redistribution dépend des prix internationaux des hydrocarbures et de la poursuite des investissements productifs, deux paramètres qui ont connus une dégradation inquiétante depuis 2009.



De surcroît, un second volet nécessite d’être mis en place. Il s’agit de garantir des conditions d’emploi « dignes »pour l’ensemble de la population, en promouvant entre autres l’associativité entre petits producteurs.
Articuler des modes de vie pluriels au sein d’une nouvelle forme de modernité qui n’exclut personne et d’une forme étatique rénovée apparaît en ce sens comme une priorité des nouvelles politiques publiques en Bolivie.

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samedi 31 décembre 2011

Protection de l’environnement : la forêt guyanaise bientôt certifiée

La Guyane regorge de massifs forestiers luxuriants où se côtoient des centaines d'essences de bois tropical différentes. Mais si l'Office National de Forêt (ONF) s'efforce de gérer de manière exemplaire ce poumon vert français, un paradoxe perdure : l'essentiel du bois tropical importé par la métropole est d'origine brésilienne. La certification de la forêt guyanaise changera-t-elle la donne ?


Vue du ciel, la Guyane ressemble à un immense tapis de verdure. Et pour cause, la forêt couvre 95 % du département, s'étale sur 8 millions d'hectares et recense près de 1 200 espèces d’arbres indigènes. Un poumon vert domanial, dont l'ONF et le Parc naturel régional de Guyane se partagent la gestion.

Une filière en quête de débouchés internationaux

Sur ces 8 millions d'hectares, 2,4 millions sont aujourd'hui consacrés à l'exploitation forestière, essentiellement pour le bois d'œuvre. « Depuis l'adaptation du Code forestier à la Guyane, en 2005, le corpus réglementaire qui régit cette exploitation est très strict », explique Nicolas Kaar, directeur régional de l'ONF Guyane. « Seules 49 espèces sont commercialisables, et l'extraction est limitée à 5 arbres à l'hectare, tous les soixante-cinq ans. » Un quota qui semble dérisoire, mais qui, compte tenu de la superficie de la forêt gérée, autorise la coupe de 16 000 arbres par an tout en préservant durablement la forêt.


Dans cette optique de gestion responsable, l'ONF et les industriels forestiers ont élaboré en 2010 la « Charte de l'exploitation à faible impact ». Les scieries et autres acteurs de la filière s'engageaient alors à élaborer des pratiques d’exploitation responsables, tant au niveau environnemental que social (maîtriser les impacts environnementaux, rétablir le bon écoulement des eaux, embaucher des salariés qualifiés et assurer leur sécurité, respecter les zones de droits d'usage des peuples autochtones, assurer la traçabilité du bois). De fait, les 80 000 mètres cubes de bois d'œuvre qui alimentent chaque année le marché local de la construction affichent un bilan environnemental plutôt satisfaisant.

Mais la croissance démographique est telle que la demande en bois d'œuvre est vouée à augmenter. Or, si localement le prix du bois reste très inférieur à ceux pratiqués en métropole (autour de 20 euros par m3, contre 40 à 60 euros pour la métropole), notamment grâce aux subventions européennes, il est en revanche peu compétitif au regard des pays voisins, où la main d'œuvre est bien moins chère. « Pour l'instant, la structure de la filière bois en Guyane permet de répondre à la demande », garantit Nicolas Lecoeur, directeur régional adjoint de l'ONF. « Mais lorsque le marché sera suffisamment attractif pour les entreprises étrangères, le bois guyanais risque d’être concurrencé par des essences de moins bonne qualité, type pin brésilien, toutes aussi adaptées à la construction, et moins coûteuses. D'où l'intérêt, pour les acteurs de la filière guyanaise, de développer la certification du bois local et de s'ouvrir à un marché international. »


Une certification triplement nécessaire

En réalité, l’accès potentiel aux marchés internationaux (en particulier européen) n’est pas le seul argument qui pousse les forestiers à la certification. La circulaire du 5 avril 2005 relative aux « moyens à mettre en œuvre dans les marchés publics de bois et produits dérivés pour promouvoir la gestion durable des forêts » et la loi Grenelle 2 ont effectivement renforcé les exigences de certification dans la commande publique. De surcroît, les aides européennes délivrées à l'ONF Guyane, dans le cadre du Fonds Européen d'Orientation et de Garantie Agricole, sont désormais soumises à nouvelles conditions. Et parmi elles, « la mise en place d'un système d'éco-certification du massif forestier guyanais. » Opportunités à l'export, pression de la commande publique et exigences européennes rendent donc la certification des essences guyanaises plus que jamais nécessaire.

Deux labels pour une même forêt

De fait, l'ONF s'est rapproché dès 2009 du système de certification PEFC 1, élaboré par les acteurs européens de la filière bois-forêt. Les pratiques responsables d'ores et déjà initiées par l'ONF sur le domaine forestier guyanais concordent avec les principes du PEFC, et l'élaboration de standards spécifiques à la Guyane devrait donc faire consensus. Autrement dit, les 2,4 millions d'hectares de forêt gérée en Guyane seront bientôt entièrement certifiés PEFC (a priori courant 2012). De quoi répondre rapidement aux exigences européennes et décrocher de nouveaux marchés publics.


Cependant, la certification la plus appropriée aux bois exotiques reste le label FSC 2. S'ils veulent être compétitifs sur le marché européen, les acteurs de la filière bois guyanaise ont donc tout intérêt à obtenir ce label, plus exigeant en termes de responsabilité sociétale et environnementale. En collaboration avec l’ONF, l’interprofession du bois, les administrations locales, les associations WWF et Guyane Environnement et les populations amérindiennes, FSC France travaille actuellement à l'élaboration d’une grille de critères de certification spécifique à la Guyane.
Les parties prenantes se sont accordées fin juin dernier sur une première version de cette grille, non sans rencontrer quelques difficultés. Deux points d'achoppement ont en effet ralenti le processus : la conservation des usages actuels de la forêt par les populations autochtones, et plus largement, la reconnaissance des peuples autochtones en Guyane. 
Car les principes du FSC imposent le respect de nombreux accords internationaux, dont les conventions de l’Organisation Internationaledu Travail (OIT). Or, la France n'a jamais ratifié la Convention n°169 de l'OIT, relative à la reconnaissance des peuples indigènes et tribaux, et refuse, au nom de l'égalité des citoyens « sans distinction d'origine, de race ou de religion », inscrite dans la Constitution Française, de reconnaître les droits d'usage des peuples amérindiens en Guyane.


Finalement, le consensus semble avoir été trouvé. « Toutes les parties prenantes, ONF et populations amérindiennes comprises, ont activement participé à l'élaboration de cette première version de la grille de critères », garantit Marie Vallée, directrice de FSC France.

Le référentiel, qui doit désormais être validé par FSC International, acte le respect de critères environnementaux et sociaux imposés aux entreprises forestières, ainsi que la préservation de zones de droits d'usages pour les populations amérindiennes, zones sur lesquelles les pratiques traditionnelles de chasse et de cueillette ne seront pas perturbées par l'activité forestière. Les premières parcelles de forêt devraient être certifiées FSC dans le courant de l’année 2012.


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Recyclage : et si on rapportait nos bouteilles à la consigne ?

En France, jusqu'au début des années 80, les bouteilles de verre étaient consignées. Mais on parle là d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître... Aujourd'hui, nous jetons les récipients en verre dans des containers prévus à cet usage. Pourquoi recycler des bouteilles qui lavées peuvent-être réutilisées de nombreuses fois ?



L'idée

La consigne est une petite somme d'argent de l'ordre de 10 à 30 centimes que l'on paye lors de l'achat d'un bien. Cette somme est restituée lorsque l'on rapporte le contenant vide : bouteilles, fûts de bière, etc.

A partir des années 70, l'arrivée dans les rayons des bouteilles en plastique à usage unique, symbole de modernité, a sonné le glas de la consigne. Non sans susciter des interrogations, comme le montre cette archive de l'Ina qui date de 1972, « Vie moderne : les ordures ».


Aujourd'hui, la consigne est toujours en vigueur chez nos voisins allemands et belges. En France, ce n'est plus le cas (sauf dans quelques régions), comme l'explique Sylvain Pasquier, animateur du secteur emballages au service filières REP et recyclage de l'Ademe :
« Alors que dans la restauration plus d'un tiers des bouteilles de boissons en verre sont consignées, chez les particuliers elle n'est pratiquée que dans quelques régions, pour des boissons de fabrication locale. »

En Alsace, par exemple : « Sur les 100 000 hectolitres que je mets en bouteille sous ma marque, 40 000 sont consignés », revendique avec fierté Michel Haag, patron de la brasserie indépendante Météor et président du syndicat des Brasseurs d'Alsace. Les bouteilles de Kronenbourg et Ancre ainsi que celles de deux producteurs d'eaux minérales locales sont toujours récupérées dans la plupart des grandes surfaces de la région.

Comment la mettre en pratique ?

D'abord, il faut que le consommateur ait le bon réflexe : penser à ramener les bouteilles vides lorsqu'il fait ses courses. Ensuite, ce sont les caissières ou un dépôt de consigne automatisé qui se chargent de consigner les bouteilles. 



En Alsace, les brasseurs utilisent tous le même modèle de bouteille. Elles sont collectées et stockées par les commerçants qui n'ont donc pas à faire le tri. Les brasseurs récupèrent les bouteilles par casier à chaque tournée de livraison, les lavent à leurs frais et les remplissent à nouveau. La durée de vie moyenne d'une bouteille consignée est de vingt utilisations.

Dans le Var, une poignée de vignerons ont redécouvert la consigne en mars 2011. 
Gérard Dauvergne, producteur converti au vin bio, se réjouit :
« Je consigne 10% de ma production. Environ les deux tiers des bouteilles vendues au domaine nous reviennent. Franchement, je ne m'attendais pas à une telle réponse de la part de mes clients. »

Soutenus par l'association Ecoscience Provence et le Syndicat intercommunal pour la valorisation et l'élimination des déchets (Sived), les viticulteurs ont choisi de sous-traiter le lavage à une usine de Montpellier. Au prix de 15 centimes par pièce lavée et livrée, cela revient à la moitié du prix d'une bouteille neuve. Bien que l'usine se situe à 200 km des domaines viticoles, la consigne reste compétitive en termes de bénéfices environnementaux. À moins de 1 400 km de distance entre le producteur et le point de vente, la réutilisation est toujours plus vertueuse que le recyclage.



Ce qu'il reste à faire

« Pour l'instant, nous n'avons que trois domaines viticoles qui participent à l'opération et la consigne des bouteilles de vin se fait encore directement au domaine. Mais de plus en plus de vignerons, y compris ceux des départements voisins, s'intéressent à notre démarche », affirme confiant Yves Ekila coordinateur de l'opération chez Ecoscience.

À l'échelle du pays, la route est encore longue. Michel Haag a un avis tranché : « La consigne ne peut marcher qu'en Alsace. Ailleurs les clients n'ont plus l'habitude ! ». La consigne implique une logistique, des investissements, du temps de travail et des coûts pour les producteurs. Ainsi, les dépôts de consigne automatisés sont vendus 30 000 euros pièce.
« Les producteurs préfèrent que leurs bouteilles soient traitées par les collectivités locales, à travers les systèmes existants de collecte sélective », explique Bertrand Bohain, délégué général du Cercle national du recyclage. En s'acquittant de leur contribution à Eco-emballage, en charge de la filière de recyclage des emballages ménagers, les producteurs ont tendance à penser que la question est réglée...

Mais les mentalités commencent à remonter le temps. Le Var et l'Alsace en remettant au goût du jour une pratique révolue font figures de précurseurs : « Je considère que face à tant d'exemples de greenwashing, la consigne est une démarche sincèrement écologique », conclut Michel Haag.
Et la sincérité, finit toujours par payer.

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